abcsite.free.fr


Chimie Organique


Table des Matières

3. Alcanes

Dans ce chapitre
3.1. Les chaînes carbonées
3.2. La nomenclature UICPA, normes 1992 et 1996 (Favre)
3.3. Propriétés physiques des alcanes
3.4. Analyse conformationnelle
3.5. Réactivité des alcanes
3.6. Hydrocarbures cycliques
3.7. Erratum du livre "Les Fondements de la Nomenclatue de la Chimie Organique"
3.8. Exercices de nomenclature
  Modèles Moléculaires en format .pdb: Alcanes
  Modèles Moléculaires en format .pdb: Cycloalcanes

3.1. Les chaînes carbonées (Vollhardt 2.2)

Les alcanes sont des hydrocarbures saturés (pas de liaisons multiples) qui constituent la charpente des molécules plus complexes.

Ils sont représentés par la formule RH, ou R est un groupe alkyle.

Les chaînes hydrocarbonées forment le squelette des innombrables autre composés organiques.

Les alcanes sont classés en divers types d’après leur structure:

•les alcanes non branchés, i.e. présentant une chaîne linéaire de formule générale CnH2n+2.

•les alcanes branchés ou ramifiés aussi de formule générale CnH2n+2.

•les alcanes cycliques, ou cycloalcanes possédant une formule générale CnH2n.

•les alcanes complexes possédant plusieurs cycles

La série de molécules qui répond à ces formules générales porte le nom de série homologue (homos en grec signifie même que).

Avec un seul C, i.e. lorsque n=1, il n’y a qu’une seule molécule possible, le méthane:

Avec deux (2) C, il n’y a encore qu’une seule forme possible, l’éthane, car les atomes de carbone ne peuvent être reliés entre eux à l’aide des atomes d’hydrogène qui ne peuvent avoir qu’une seule liaison:

Il en est de même avec trois (3) C, le propane:

Si l’on compare ces trois formules, il appert que l’on passe de l’une à l’autre (d’un terme de la série au suivant), en remplaçant un H par un groupe méthyle:

Il faut se rappeler ici que les deux représentations suivantes sont équivalentes:

car l’enchaînement est le même: un C portant 2 H entre deux C portant chacun 3 H. Il n’existe donc qu’une seule formule développée pour les molécules CH4, C2H6, et C3H8.

Lorsque les molécules se compliquent, elles deviennent plus encombrantes et difficile à lire. On utilise donc le plus souvent des formules semi développées:

Méthane CH4
Éthane H3C—CH3
Propane H3C—CH2—CH3

Pour continuer la série et remplacer un H par un CH3, il existe maintenant deux (2) possibilités distinctes et non équivalentes qui diffèrent par le mode d’enchaînement des atomes et non seulement la façon plane de les écrire:

On appelle deux composés comme le butane et le 2-méthylpropane qui possèdent la même formule brute, C4H10, et qui diffèrent par l’arrangement spatial des atomes des isomères.

Si nous passons aux termes suivants de la série, on trouve trois formules réellement différentes pour les pentanes:

Le nombre d’isomères possibles pour les alcanes lorsque l’on monte dans la série des homologues est indiqué au tableau 2.2 de la page 46 (Vollhardt). Comme on peut le constater, le nombre devient rapidement astronomique.

Il est aussi important de noter que l’on peut distinguer les atomes de carbone de types primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire selon le nombre d’atomes de carbones voisins selon:

Pour bien différencier toutes ces molécules, il est donc bien important de bien posséder les règles de nomenclature.


3.2. La nomenclature UICPA, normes 1992 et 1996 (Favre)

Nous débuterons cette section par une revue de la nouvelle nomenclature en chimie organique telle qu’elle a été acceptée par l’Ordre des Chimistes du Québec en automne 1992 et modifié à l'été 1996.

Tiré de: Favre, H., "La nomenclature pour la chimie organique. Les noms substitutifs et les noms de classes fonctionnelles, état de la question", 1992.

Tiré de: Favre, H., "Les fondements de la nomenclature pour la chimie organique", 1996

3.2.1. Changements apportés à la nomenclature pour la chimie organique

En 1989, un changement important a été apporté dans la présentation des noms substitutifs et de tout nom faisant appel à ce type de nomenclature. Les indices de position prennent place, maintenant, devant la partie du nom qu’ils qualifient:

propan-2-ol et non plus propanol-2.

De plus, les noms forment maintenant un tout; ils s’écrivent d’une manière continue, du début à la fin, et non plus, comme auparavant, en blocs séparée:

2-méthylhexane et non plus méthyl-2 hexane

1-iodo-3-méthylhexane et non plus iodo-1 méthyl-3 hexane.

Les symboles R, S, E, Z, cis, trans, etc. se placent également devant ce qu’ils qualifient, que ce soit un nom entier ou une partie seulement d’un nom:

cis-but-2-ène et non plus butène-2-cis

(R)-pentan-2-ol et non plus pentanol-2-(R)

3.2.2. Principes, règles et critères en nomenclature substitutive

Une molécule organique est constituée d’un squelette et de groupes fonctionnels. Transposés en termes de nomenclature substitutive, le squelette devient un hydrure parental et les groupes fonctionnels des groupes caractéristiques. Un hydrure parental est à la base de tous les noms substitutifs; les groupes caractéristiques sont cités par des préfixes ou des suffixes, selon le schéma qui suit:

préfixes

hydrure parental

suffixes

 

Un examen plus approfondi des préfixes et des suffixes montre qu’il y a en fait deux types de préfixes et deux types de suffixes. Les préfixes se divisent en préfixes séparables et en préfixes non séparables.

•Les préfixes séparables correspondent aux groupes caractéristiques. Ils sont cités les premiers dans un nom et toujours dans l’ordre alphabétique: chlorométhane.

•Les préfixes non séparables jouent un rôle spécifique, en ce qu’ils modifient d’une manière permanente les hydrures parentaux de base. Ainsi, dans le nom "cyclohexane", le préfixe cyclo est associé une fois pour toute à l’hydrure parental de base hexane, pour nommer une nouvelle entité cyclique qui est un hydrure parental en soi. On aura ainsi "chlorocyclohexane", "méthylcyclohexane".

Les suffixes se divisent en suffixes exclusifs et en suffixes cumulatifs.

•Les suffixes exclusifs correspondent aux groupes caractéristiques. Ils sont exclusifs en ce qu’un seul suffixe est utilisé, à l’exclusion de tous les autres. Le choix d’un suffixe se fait selon une liste de priorité. Ainsi, un acide carboxylique a priorité sur un alcool, une cétone sur une amine. Lorsque plusieurs groupes caractéristiques représentant des fonctions diverses sont présents, un seul est cité en tant que suffixes, les autres devenant des préfixes.

•Les suffixes cumulatifs correspondent aux radicaux, cations, anions, zwittérions. Une entité chimique, à la fois radicalaire et anionique, sera nommé en utilisant les suffixes appropriés à la partie radicalaire et à la partie anionique et en les citant ensemble, selon un ordre donné, à la fin du nom complet.

Le schéma devient ainsi:

préfixes séparables

préfixes non-séparables

hydrure parental

suffixes exclusifs

suffixes cumulatifs

 

Un autre aspect doit retenir notre attention. C’est celui de la variation du degré de saturation-insaturation d’un composé organique, et la façon de traduire cette variation dans un nom. La variation du degré de saturation-insaturation se fait, en termes de nomenclature, en modifiant le nom de l’hydrure parental.

Les hydrures parentaux se divisent en deux catégories: ceux qui sont saturés et ceux qui sont insaturés. Si le degré de saturation est facile à déterminer (il correspond au maximum d’atomes d’hydrogène compatible avec la valence des atomes intéressés) le degré d’insaturation, qui peut être fort variable, est défini, par convention, comme celui qui correspond au maximum de doubles liaisons non cumulées. On exprime cette réalité par l’acronyme MADONC (MAximum de DOubles liaisons Non Cumulées). Le benzène et le naphtalène sont des composés de type MADONC et sont utilisés comme tels comme hydrures parentaux.

La variation du degré de saturation-insaturation s’exprime:

•au départ des hydrures parentaux saturés que sont les alcanes par le changement de désinence -ane en -ène ou -yne: butane, but-1-ène, but-1-yne

De la même manière, on modifie les cycloalcanes en cycloalcènes et cycloalcynes.

•au départ des composés de type MADONC, en utilisant des préfixes non séparables hydro et déhydro, avec les préfixes multiplicatifs di-, tétra-, etc.: 1,2-dihydronaphtalène

Notons que le benzène fait exception à ce mode.

Préfixes séparables

préfixes non-séparables (cyclo, déhydro, hydro)

hydrure parental

ane

ène

yne

suffixes exclusifs

suffixes cumulatifs (radicaux, cations, anions)

 

Finalement, notons que la confection d’un nom substitutif est un processus qui se fait par étapes. Chaque étape a son importance, ses règles, ses critères. Il faut franchir ces étapes dans un ordre déterminé de manière à éviter les erreurs, pour aboutir à un nom univoque. Ces étapes sont:

i) la sélection de l’hydrure parental, chaîne ou anneau; elle se fait selon des critères de sélection précis, allant du plus simple (par exemple, la chaîne la plus longue dans le cas d’un alcane ramifié) au plus complexe (les préfixes non-séparables font parti du nom de l’hydrocarbure parental, tétrahydrofurane);

ii) la détermination du degré de saturation-insaturation, selon les deux modes établis;

iii) la détermination des chaînes latérales, groupes caractéristiques, substituants rattachés à l’hydrure parental, en particulier du groupe caractéristique principal qui sera désigné par un suffixe (cet ordre des substituants a été établi dans les années 1920 selon l’abondance des fonctions que l’on observait dans ce temps là);

iv) numérotage de l’hydrure parental en appliquant la règle des plus petits indices (i.e. les plus petits indices en ordre croissant) et détermination des indices de position de chaque substituant, selon les règles de l’UICPA (Il est a noter que l’on ne fait pas la somme pour obtenir le plus petit total, mais bien les plus petits possibles. Cette "somme" était une conception fausse et sans fondement...);

v) confection d’un nom final, en assemblant le nom de l’hydrure parental et ceux des préfixes et suffixes, puis en écrivant un nom complet - en français! (ce qui n’est pas de la chimie) -, puis en ajoutant les préfixes multiplicatifs sans modifier l’ordre orthographique établi précédemment et finalement en ajoutant les indices de position appropriés, les stéréodescripteurs et les modificateurs isotopiques, s’il y a lieu (devant les noms auxquels ils sont associés).

Notes

Il existe certains noms conservés, tel iso-propane, néo-pentane, mais on ne les utilise jamais comme hydrure parental.

Il reste dans la nomenclature 153 noms triviaux de base (furane, naphtalène, etc.), ce qui est moins que le nombre d’os dans le corps humain, pour nommer les 14 millions de composés existants.

Exemples

5-éthyl-3,4-diméthyloctane
1,1,2,6-tétraméthylcyclohexane
2-cyclobutyl-5-cyclohexylhexane
trans pent-2-ène
butane -> butène -> butdiène -> butadiène
(le ‘a’ élidé revient ici) -> buta-1,3-diène
-> 2-heptylbuta-1,3-diène
CH2=CH2 éthène
—CH2—CH2 —éthylène
3-hydroxybutan-2-one
3-(hydroxyméthyl)hexane-1,6-diol
cycloocta-1,3,5,7-tétraène (cycle MADONC)
1,2-dihydronaphtalène (à cause du préfixe non-séparable dihydro, ce nom est considéré comme un tout et devient un nom d’hydrure parental)

3.2.3. Évolution de la nomenclature et tendances actuelles

L’évolution de la nomenclature se fait en éliminant progressivement les noms triviaux au profit des noms formés systématiquement. Elle se poursuit aussi en favorisant la nomenclature substitutive et en délaissant celle qui fait appel aux noms de classe fonctionnelles; d’autre part, la nomenclature par remplacement gagne du terrain.

3.2.4. Les noms triviaux et les noms systématiques

Les chimistes aiment à utiliser des noms simples, généralement sans indices de position. Ils préfèrent aussi conserver le nom acétone plutôt que d’utiliser le nom systématique propan-2-one.

Il fut un temps où presque tous les acides gras (aliphatiques) portaient des noms triviaux. Aujourd’hui, officiellement, il en reste six dans la série des acides saturés: les acides formique, acétique, propionique, butyrique, palmitique et stéarique. De plus, une différence majeure existe entre ces noms: un seul, l’acide acétique, peut être utilisé comme hydrure parental fonctionnalisé, c’est-à-dire peut engendrer des noms substitutifs comme par exemple "acide chloroacétique". Les cinq autres noms ne peuvent être utilisés que pour nommer l’acide lui-même, non substitué: ainsi, le nom de:

Cl-CH2-CH2-COOH

sera acide 3-chloropropanoïque et non "acide 3-chloropropionique", encore moins "acide b-chloropropionique".

3.2.5. La nomenclature substitutive

Depuis déjà quelques années, la nomenclature substitutive déplace la nomenclature des classes fonctionnelles. On dit ainsi méthanol et éthanol et non plus alcool méthylique et alcool éthylique, iodométhane plutôt que iodure de méthyle. Certains noms, toutefois, ont la vie dure; par exemple l’oxyde de diéthyle (que l’on nomme à tort éther diéthylique ou éther éthylique ou éther tout court) ne cède pas facilement le pas à éthoxyéthane.

La tendance actuelle est aussi d’utiliser de plus en plus la nomenclature en -ane généralisée. C’est une nomenclature substitutive qui suit de près celle qui a remporté tant de succès au départ des alcanes. En combinant un préfixe " a " avec la terminaison -ane (identique à celle des alcanes) on obtient les nome des hydrures parentaux des éléments des groupes 14, 15, 16 et 17, plus ceux relatifs au bore et au mercure. La molécule NH3 est alors l’azane, H2S est le sulfane et H2O l’oxydane. Les noms

tributylazane (N,N-dibutylbutanamine)
diméthylsulfane (sulfure de diméthyle)
diéthyloxydane (oxyde de diéthyle)

remplaceront peut-être un jour les noms actuels. Ce type de nomenclature sera peut-être utilisé tous les jours; pour le moment, la plus extrême prudence est de rigueur, car ces noms viennent de voir le jour et n’ont pas encore subi le test du temps.

3.2.6. La nomenclature par remplacement

Un remplacement se produit, en termes de nomenclature, lorsqu’un atome (hétéroatome) prend la place du carbone dans une chaîne ou un cycle.

L’atome de remplacement est désigné par un préfixe non séparable dit préfixe en " a ": un atome d’oxygène est désigné par oxa, un atome d’azote par aza, etc. Ce type de nomenclature est simple, surtout dans les cas de substitution dissymétrique. Dans les chaînes, il faut toutefois au moins quatre hétéroatomes pour pouvoir utiliser la nomenclature par remplacement.



2,5,9,12-tétraoxatridécane
ou 1,3-bis(2-méthoxyéthoxy)propane

Cette nomenclature prend de l’importance. Il faut cependant l’utiliser avec prudence, car les principes et les règles sous-jacents sont en voie d’élaboration. Il est tout à fait prématuré d’appeler l’oxyde de diéthyle le " 3-oxapentane ".

3.2.7. "En conclusion

1) changeons ce qui doit être changé;

2) appliquons les principes, règles et critères tels que recommandés par l’UICPA;

3) ne précipitons pas l’utilisation immédiate et sans discernement des tendances évolutives de la nomenclature; au contraire, préservons notre héritage et notre patrimoine."

Henri Favre, chimiste, 25 novembre 1992

3.2.8. Alphabet grec

a, A, alpha

b, B, bêta

g, G, gamma

d, D, delta

e, E, epsilon

z, Z, zêta

h, H, êta

q, Q, thêta

i, I, iota

k, K, kappa

l, L, lambda

m, M, mu

n, N, nu

x, X, ksi (xi)

o, O, omicron

p, P, pi

r, R, rhô

s, S, sigma

t, T, tau

u, U, upsilon

f, F, phi

c, C, chi

y, Y, psi

w, W, oméga

 

3.2.9. Suffixes et préfixes utilisés pour quelque groupes caractéristiques en nomenclature de substitution selon les priorités attribuées aux différentes classes

Le symbole -(C) indique que l’atome de carbone appartient à l’hydrure parental:

Classes de composés

Formules

Suffixes

Préfixes

Acides carboxyliques

-(C)OOH
-COOH

acide -oïque
acide R-carboxylique

———
carboxy-

Halogénures d’acides

-COCl

———

chlorocarbonyl-

Esters

-COOR

———

R-oxycarbonyl-

Amides

-CONH2

-(C)ONH
2

-carboxamide

-amide

carbamoyl-
aminocarbonyl-
———

Nitriles

-CN
-(C)N

-carbonitrile
-nitrile

cyano-
———

Aldéhydes

-CHO
-(C)HO

-carbaldéhyde
-al

formyl-
oxo-

Cétones

=O

-one

oxo-

Alcools, phénols

-OH

-ol

hydroxy-

Thiol

-SH

-thiol

sulfanyl-
thio- (avec les acides carboxyliques)

Hydroperoxydes

-OOH

———

hydroperoxy-

Amines

-NH2

-amine

amino-

Imines

=NH

-imine

imino-

Éthers

-OR

———

R-oxy-

Sulfures

-SR

———

R-sulfanyle-

Peroxydes

-OOR

———

R-peroxy-

3.2.10. Groupes substituants toujours désignés par des préfixes

 

Groupes

Préfixes

Groupes

Préfixes

-Br

bromo-

-Cl

chloro-

-ClO

chlorosyle-

-ClO2

chloryle-

-ClO3

perchloryle-

-F

fluoro-

-I

iodo-

-IO

iodosyle-

-IO2

iodyle-

=N2

diazo-

-N3

azido-

-NO

nitroso-

-NO2

nitro-

-OR

R-oxy-

-SR

R-sulfanyle-

   

En ce qui concerne la nomenclature des alcanes proprement dits, l’étudiant est invité à réviser le chapitre 1 sur les alcanes dans Favre.

Le tableau 2.4 (p.48 Vollhardt) est aussi intéressant à consulter.


3.3. Propriétés physiques des alcanes (Vollhardt 2.4, Arnaud 8-1, 8-3)

Les premiers termes de la série sont des gaz (méthane, Eb=-164°, au butane, Eb=-0,5°). À mesure que le poids moléculaire augmente ils deviennent des liquides (du pentane, Eb=35° jusqu’à l’hexadécane, C16H34), puis des solides (heptadécane, F=22° et plus). Toutefois, leur point de fusion ne dépasse pas 100° (F=99° pour l’hexacontane, C60H122).

Se référer à la figure 2.3 page 53 (Vollhardt)

À l’état naturel, les alcanes existent en grande quantité dans les gisements naturels de gaz et de pétroles. Ces gisements viennent de la lente fossilisation des divers organismes préhistoriques enfouis. À l’exception des premiers termes de la série allant de CH4 à C6H14, il est impossible d’isoler les isomères particuliers à cause de leur nombre astronomique. Pour préparer un alcane particulier, il est plus aisé de le préparer artificiellement.

Il faut mentionner ici qu’à masse moléculaire égale, les isomères qui possèdent la structure la plus ramifiée possède le point d’ébullition le plus bas:

Ceci s’explique par les interactions de Van der Waals et des forces de London. Sans entrer dans les détails, plus une molécule est linéaire, plus elle a la possibilité d’interagir avec ses voisins. Au contraire, plus la molécule est sphérique, moins elle aura de contacts avec ces voisins.

L’intensité et le nombre de ces contacts détermine les propriétés de point de fusion et de point d’ébullition. C’est aussi pourquoi le point de fusion et d’ébullition augmentent avec le poids moléculaire.

Démonstration

Les alcanes sont tous absolument insolubles dans l’eau. Toutefois ils servent eux-mêmes de solvants pour les composés organiques non-polaires liquides et solides. Ils servent par exemple de diluants à peinture. On retrouve certains d’entre eux sous le vocable d’éthers de pétrole.


3.4. Analyse conformationnelle (Vollhardt 2.5)

Il est important de noter que toutes les façons que nous avons vues de représenter une molécule ne tiennent en aucun compte d’un facteur important: ces molécules bougent dans l’espace et les liaisons qui unissent deux atomes ne sont pas des tiges rigides immobiles. Il est possible d’effectuer des rotations autour de ces liaisons. Les trois groupements liés à un atome de carbone sont alors libres de se retrouver dans toutes les positions possibles.

Démonstration de rotation autour de liaisons simples du méthane

Dans le cas d’une molécule comme l’éthane, cela amène les groupements à prendre des conformations que l’on appelle éclipsées et décalées, selon les projection de Newman.

On appelle de telles structures, différentes seulement par la rotation de liaisons simples des isomères de conformations, des conformères ou des rotamères.

En 1935, E. Teller et B. Topley ont suggéré que la rotation observée dans un tel cas pourrait ne pas être totalement libre. Leurs études de la capacité calorifique de l’éthane ont montré que celle-ci était plus basse que la valeur théorique qui tenait compte seulement de la rotation libre. Ils pensèrent que l’on pouvait faire coïncider la théorie et l’expérience à condition que la rotation autour de la liaison C—C ne soit pas libre, mais gênée par une barrière d’énergie. D’autres études ont montré que c’était aussi le cas pour les liaisons C—N et C—O.

C’est Derek Barton [Note], en 1950, qui montra la présence de ces conformères et leur effet sur les diverses propriétés physiques et chimiques.

Ces travaux de Barton jetèrent les bases de l’étude thermodynamique et cinétique de ces conformères et que l’on appelle l’analyse conformationnelle.

Démonstration des conformères éclipsés et décalés de l’éthane

Se rapporter aux figures 2.6, 2.7 et 2.8 aux pages 55 à 57 de Vollhardt

Dans les conformations éclipsées, des interactions entre les atomes déstabilisent la molécule:

• Répulsion de Van der Waals des atomes d’hydrogène

• Répulsion électrostatique des électrons

C’est pourquoi les conformations décalées sont des conformations de moindre énergie.

Évidemment, cela peut amener des problèmes lorsque certains de ces substituants sont plus gros que d’autres. Il en résulte des barrières d’énergie inégales. Ainsi, ce ne sont pas tous les conformères qui vont posséder la même probabilité d’existence.

Ce concept est très important à retenir pour le reste du cours.


Démonstration des conformères éclipsés et décalés du butane

Se rapporter aux figures 2.11 et 2.12 à la page 60 de Vollhardt

Il faut donc se rappeler que les conformères ne sont pas statiques, et que la conversion d’une forme dans l’autre est très rapide. À température ordinaire (20°C), l’énergie cinétique moyenne des molécules gazeuses (kT) vaut environ 0.6 kcal•mol-1. Toutefois, comme la répartition des énergies suit la répartition de Boltzmann, il existe des molécules qui possèdent l’énergie suffisante pour franchir la barrière d’énergie d’interconversion des conformères (voir Fig 2.9 p. 65 Vollhardt).


3.5. Réactivité des alcanes (Arnaud 8-2)

Les liaisons C—C et C—H étant respectivement non et très peu polarisées, il en résulte que leur rupture est extrêmement difficile. De plus, elles sont très peu polarisables en raison de la faible mobilité des électrons s. En conséquence, les alcanes présentent une très grande stabilité chimique et sont très peu réactifs. Ils ne sont réactifs que sous des conditions radicalaires, de haute température ou par photochimie. Ils ne sont pas attaqués par les acides forts, ni les oxydants forts ni les réducteurs forts.

Cette absence de réactivité des chaînes hydrocarbonées explique que les diverses réactions observées en chimie organique font intervenir des divers groupements fonctionnels.

Toutefois, comme tous les composés organiques, les alcanes sont combustibles, i.e. qu’ils brûlent en présence d’oxygène et donnent les produits suivants:

2 CnH2n+2 + (3n+1) O2 ® 2n CO2 + (2n+2) H2O ....... DH° = -50 kJ•g-1

Cette réaction n’est d’aucune utilité du point de vue chimique, mais par contre son caractère fortement exothermique explique le très grand intérêt pratique des alcanes comme sources d’énergie, soit thermique (centrales au mazout) soit mécanique (moteurs à explosion).


La section 2.8 et le chapitre 3 (COR-1002) ne sont pas pas à l’étude

Encarts du chapitre 3

Étudier le résumé des notions importantes dans Vollhardt aux pages 67 et 68.

Tous les problèmes (sauf 11, 14 à 17) des pages 68 à 71 peuvent être faits.


3.6. Hydrocarbures cycliques (Vollhardt chapitre 4)

Les cycloalcanes sont des alcanes dont une des chaînes est refermée sur elle-même pour former un cycle. Il existe selon une très grande diversité:

Le nombre minimal d’atomes de carbones nécessaires pour former un cycle est évidemment de trois (3). Toutefois, il n’existe aucune limite supérieure au nombre d’atomes dans un cycle.

•Les cycloalcanes possèdent la même formule brute que les alcènes: CnH2n.

•Les cycloalcènes possèdent la même formule brute que les alcynes: CnH2n-2.

•Les cycloalcynes possèdent la même formule brute que les diènes: CnH2n-4.

Du point de vue de la nomenclature, les cycloalcanes forment des radicaux cycloalkyle. lorsque les cycloalcanes portent des substituants sur des carbones différents, ceux-ci peuvent présenter une isomérie cis-trans.

En ce qui concerne la nomenclature des cycloalcanes proprement dits, révisez le chapitre 6.1 dans Favre. Il est à notre que les structures bicyclo et spiro ne sont pas les plus usuelles ni les plus importantes.

De plus, vous êtes aussi invité à lire le chapitre 12.1 dans Favre concernant les descripteurs cis-trans.

3.6.1. Caractères Physiques (Vollhardt 4.1 et Arnaud 11-1)

Les caractères physiques des hydrocarbures cycliques ne présentent pas de différences avec celles rencontrées avec les hydrocarbures acycliques. Les points d’ébullition et les densités sont du même ordre de grandeur, quoiqu’un peu plus élevés. Ceci est dû aux interactions de London qui seront plus marquées au sein des systèmes cycliques qui sont relativement plus rigides et plus symétriques que les alcanes linéaires. À ce sujet, voir le Tableau 4.1 à la page 109 dans Vollhardt.

3.6.2. Tension de cycle et structure des cycloalcanes (Vollhardt 4.2)

Lorsque l’on compare les chaleurs de formation de certains cycloalcanes (Tableau 4.2 Vollhardt p.111) on s’aperçoit qu’il existe une énorme différence entre la valeur du DH°f mesuré et sa valeur théorique. La différence est attribuée à un problème rencontré dans la formation des cycles eux-mêmes. En effet, les premiers termes de la série ne se prêtent pas aux angles de liaison normales. Alors que l’on s’attend à ce que l’angle C-C-C soit de 109° environ, on s’aperçoit qu’il est impossible de former une molécule comme le cyclopropane.

Toutefois, nous savons qu’une telle molécule existe, et on a même mesuré les angles de liaisons qui sont de 60°. C’est dire que la molécule a la forme d’un triangle équilatéral. Lorsque l’on brûle cette molécule, elle libère beaucoup plus de chaleur que le propane. Cette énergie supplémentaire vient de la tension accumulée dans le cycle.

En raison de ce profil de tensions, les chimistes organiciens ont schématiquement défini 4 groupes de cycloalcanes:

  1. Les petits cycles (C3 et C4) sont extrêmement tendus.

  2. Les cycles courants (C5, C6 et C7)

  3. Les cycles moyens (C8 à C12)

  4. Les grands cycles (C13 et plus) qui sont exempts de toute tension.

Les facteurs responsables de cette tension sont (1) la tension due aux angles de liaison du carbone tétraédrique; (2) la tension d’éclipse des atomes d’hydrogène; (3) les interactions gauches , comme dans le cas du butane et (4) la tension transannulaire des atomes d’hydrogène au travers du cycle.

La figure 4.2 (Vollhardt p.112) montre bien le problème rencontré par le cyclopropane (problème de l’angle inter orbital).

La figure 4.3 (Vollhardt p.112) montre bien le problème rencontré par le cyclobutane (avènement de l’angle de pliure).

Cet angle de pliure est aussi visible dans le cas du cyclopentane (Vollhardt p.113 en bas) et de sa conformation enveloppe.

3.6.3. Le cyclohexane et les cycloalcanes substitués (Vollhardt 4.3 et 4.4)

Le cyclohexane présente un intérêt particulier. En effet, l’anneau cyclohexane est l’une des entités structurales les plus abondantes et les plus importante en chimie organique. On en retrouve ses dérivés substitués dans un bon nombre de molécules naturelles et, par ailleurs, la compréhension de sa mobilité conformationnelle constitue un aspect important de la chimie organique.

En effet, si on le représente pas la configuration plane hypothétique on mesure un angle C—C—C de 120°:

En fait il n’en est rien. Rappelez-vous que cette représentation est inexacte car vous tentez de représenter en 2D ce qui est une molécule 3D. La molécule de cyclohexane peut au contraire prendre deux formes particulières que l’on nomme forme chaise et forme bateau. Les deux formes sont obtenues en déplaçant les carbones 1 et 4 hors du plan de la coplanéité. Dans le premier cas, en directions opposées, dans le second, du même côté. Il est résulte que la forme chaise se trouve quasiment libre de toute tension (Tableau 4.2 p.111 et Figure 4.5 p.114 Vollhardt).


L’étudiant est invité à lire avec beaucoup d’attention les paragraphes qui expliquent la façon correcte de dessiner les conformations chaise du cyclohexane aux pages 116-117.

Lorsque le cyclohexane est dans n’importe laquelle de ces deux configurations, l’angle C-C-C est très près de 109°. Ainsi, le cyclohexane ne possède presque aucune tension interne. De plus, la molécule peut rapidement s’interconvertir d’une forme à l’autre avec une faible barrière d’énergie de conversion tel que montré à la Figure 4.9 (Vollhardt p.116).

Démonstration de rotation autour de liaisons simples du cyclohexane

Toutefois, à cause du nombre de liaisons éclipsées (8) qu’elle contient, la forme bateau est moins stable que la forme chaise, qui ne contient que des conformations éclipsées. En fait, l’équilibre est de 99%+ en faveur de la forme chaise. Cette forme bateau n’existe pratiquement que dans des cas spéciaux lorsque d’autres atomes forment un pont interne comme dans le norbornane (bicyclo[2.2.1]heptane)

Un autre fait intéressant du cyclohexane est qu’il existe en fait une multitude de formes chaises. Lors de chaque interconversion, les liaisons équatoriales deviennent axiales et vice versa. cela permet de stabiliser la molécule lorsqu’elle contient des groupements volumineux (Figures 4.10, 4.11, 4.12, Vollhardt p. 116 à 119, de même que la figure du haut de la p.121). C’est ce qui explique plusieurs des propriétés des cycles à 6 atomes que nous verrons plus tard dans ce cours.

Par exemple, calculons la probabilité de retrouver des deux formes du méthylcyclohexane. Celui-ci présente 2 interactions gauches lorsque le groupement méthyle est en position axiale, alors que ces interactions sont anti lorsque le méthyle se retrouve en position équatoriale. Les autres interactions étant les identiques, on calcule ainsi qu’il y a une différence d’énergie de 1.6 kcal•mol-1 en faveur de la conformation équatoriale. À l’aide de la relation: DG = -RT ln K on évalue l’équilibre à température de la pièce comme contenant 93% de forme équatoriale et 7% de forme axiale.

Démonstration de rotation autour de liaisons simples à l’aide d’un modèle moléculaire méthylcyclohexane ou de 1,3,5-trichlorocyclohexane

Démonstration de rotation autour de liaisons simples à l’aide d’un modèle moléculaire cis-1-(1,1-diméthyléthyl)-2-méthylcyclohexane
(faire ici l’exercice de nomenclature)

3.6.4. Les cycloalcanes supérieurs (Vollhardt 4.5)

Comme l’a montré le Tableau 4.2 (Vollhardt p.111) les cycles contenant 8 à 12 membres présentent à nouveau des tensions, principalement à cause de la distorsion des liaisons et des interactions transannulaires. Ceci est clairement montré pour les cycloheptane, cyclooctane et cyclodécane à la page 130 dans Vollhardt.

Ainsi, la conformation adoptée par les cycles représente un compromis entre les facteurs responsables de cette tension qui sont rappelons-le:

  1. la tension due aux angles de liaison

     

  2. la tension d’éclipse

     

  3. les interactions gauches

     

  4. la tension transannulaire

     

Les cycles moyens sont difficiles à synthétiser et très rares.

La tension diminue beaucoup et disparaît presque dans les grands cycles. Ils adoptent une conformation comprenant deux longues chaînes parallèles de configuration tout-anti reliées par des segments courts.

3.6.5. Les alcanes polycycliques (Vollhardt 4.6)

Lorsque deux cycles ont en commun deux atomes de carbone adjacents, comme dans le cas de la décaline, on dit que ces deux cycles cyclohexanes sont fusionnés, ou encore annelés (voir Vollhardt p.123 en haut). Les composés de ce type sont appelés des bicycliques. Ils sont caractérisés par deux atomes de carbone, les carbones têtes de pont, qui sont partagés par deux cycles.

Ces molécules sont nommées systématiquement en tant que dérivés du cycloalcane contenant le même nombre de carbones annulaires. Le nom est précédé par le préfixe bicyclo (voir Favre 6.1.2). On indique ainsi la longueur des ponts (le # d’atomes de carbones qui les composent). Voici le système de numérotation utilisé:

Enfin, les cycloalcanes peuvent être fusionnés en cis ou en trans. La Figure 4.13 (Vollhardt p.123) montre l’exemple des deux isomères du bicyclo[4.4.0]décane.

Qu’elle est la limite des hydrocarbures tendus, nul ne le sait! Citons ici les exemples du cubane (1964), du tétrakis(1,1-diméthyléthyl)tétraédrane (1978), du dodécaédrane (1982). Ce dernier possède un point de fusion de 430°C, alors que l’eicosane (C20H42) possède un point de fusion de 36,8°C!

Enfin, mentionnons que le motif cyclohexanique en forme chaise se retrouve dans de nombreuses molécules organiques et des réseaux cristallins inorganiques, comme le diamantane et le diamant respectivement.

Diamantane

Enfin, il ne faut pas oublier la classe de composés cycliques appelés spiroalcanes. Au lieu d’avoir deux atomes de carbone comme tête de ponts, ceux-ci possèdent un atome de carbone commun à deux cycles. Il va de soit qu’il s’agit ici d’un carbone de type quaternaire. Leur structure et nomenclature est expliquée dans le chapitre 6.1.3 dans Favre.

3.6.6. Les produits naturels cycliques (Vollhardt 4.7)

On retrouve de nombreux composés cycliques dans les produits naturel. Plus spécialement dans les produits de la classe des terpènes et des stéroïdes sur lesquels nous reviendrons plus tard dans le chapitre 10.

3.6.7. Réactivité (Arnaud 11-2)

En ce qui concerne leur réactivité, les hydrocarbures cycliques ne présentent pas de différences notables avec celles rencontrées avec les hydrocarbures acycliques.

Par contre, à cause des tensions introduites dans les petits cycles, comme le cyclopropane par exemple, ces cycles tendent à s’ouvrir par rupture d’une liaison carbone-carbone. C’est particulièrement évident dans le cas de la combustion. Ces cycles libèrent plus d’énergie en brûlant que ce à quoi on pourrait s’attendre. Cela est facilement expliqué par la tension qui existe dans certains cycles. Cette tension représente une énergie supplémentaire qui est libérée par la combustion.

3.6.8. État naturel (Arnaud 11-3)

Des cycloalcanes sont présents dans certains pétroles, notamment dans les gisements d’Europe centrale. Diverses essences végétales contiennent des hydrocarbures cycliques non saturés, mono- ou polycycliques comme le limonène (citron) et le pinène (résine de pin).

Mais il est plus fréquent de trouver dans la nature des molécules cycliques, couvent polycycliques, comportant en outre des fonctions diverses comme alcool, aldéhyde, cétone, acide (mais évidemment nous ne parlons plus ici d’hydrocarbures). On peut mentionner ici la série des stéroïdes: cholestérol, cortisone, hormones sexuelles.

L’étudiant est invité à lire la section 4.7, mais celle-ci ne sera pas matière à examen avant que nous ayons vu le chapitre 10.

Encart du chapitre 4

Notions importantes dans Vollhardt aux pages 128 et 129.

Tous les problèmes (sauf 3, 4, 6, 9, 14b, 15 à 18, 21d, 22 à 24) des pages 129 à 135 peuvent être faits.

3.7 Erratum du livre "Les Fondements de la Nomenclatue de la Chimie Organique"

Suite à un échange avec l’auteur, voici quelques modifications, ajouts, et coquilles à corriger dans la deuxième édition (1996) de l’ouvrage.

"La nomenclature, jusqu’à ce jour, avait pour but d’être non ambigüe. De là, un certain nombre de noms pour le même composé de façon à ne déplaire à personne. Il y a des traditions liées aux langues, aux sociétés savantes, à certains types d’industrie et surtout aux individus qui ne veulent pas démordre d’une certaine façon de faire. De là une confusion certaine et le projet actuel de l’UICPA de ne retenir qu’un nom, le seul préféré. Les résultats de ce projet seront publiés en 1998 ou 1999." (Henri Favre, 13 novembre 1996)

p.30 - Tableau III. L’ordre de priorité des classes fut déterminé par l’abondance de l’ensemble des composés connus il y a une centaine d’année. Les acides étaient fort nombreux en raison de la facilité avec laquelle on pouvait les isoler et les purifier. Les amines, comme encore aujourd’hui d’ailleurs. étaient difficiles d’accès. Savez-vous que la dessinence ‘-ane’ signifiait la saturation et les autres, dans l’ordre alphabétique, l’insaturation: ‘-ène’, double liaison, ‘-ine’, triple liaison? La situation s’est gâtée quand les quadruples et quintuples liaisons ne se sont pas matérialisées. La dessinence ‘-ine’ est, aujourd’hui, réservée aux amines, ‘-one’ aux cétones, ‘-yne’ aux acétyléniques et ‘-une’ vient d’être proposée pour décrire une situation provisoire lorsqu’on ne connait pas le groupe caractéristique principal. On évitera ainsi de nommer ‘prostaglandine’ le composé dépourvu d’azote qui est en fait un acide carboxylique.

p.36 - 4,4’-bipyridine sera le seul nom accepté

p.59-60 - Méthanamine, N-méthylméthanamine et N,N-diméthylméthanamine (méthylazane est à bannir)

p.61 - Le composé doit être nommé N, N’, N"-triméthylpropane-1,2,3-triamine et non N, N’, N"-triméthylbutane-1,2,3-triamine

p.79 - Le composé doit être nommé 2,3-diméthylspiro[5.5]undéc-1-ène

p.92 - Au milieu: la structure du composé 2H-furo[3,2-b]pyrane doit en fait être:

p.92 - Au milieu à droite: enlever un [

p.110 - En suivant les exemples, le nom de l’ester suivant serait (section 5.8.1 pour le groupe acétoxy): acide 4-acétoxycyclohexane-1-carboxylique

p.165 - Corrigez les formules pour les suivantes

1,4-dioxane-1,4-diium et pyridinium

p.176 - Le composé doit être nommé r-1,c-2,c-3,c-4-pentaméthylcyclobutane

p.176 - Le composé doit être nommé c-4-isopropyl-c-2-méthylcyclohexan-r-1-ol

p.176 - Le bomposé dibromé: remplacer B2 par Br

p.178 - Il manque un ï sur le nom de l’acide icosatétraénoïque


3.8 Exercices de nomenclature

La confection d’un nom substitutif est un processus qui se fait par étapes. Chaque étape a son importance, ses règles, ses critères. Il faut franchir ces étapes dans un ordre déterminé de manière à éviter les erreurs, pour aboutir à un nom univoque. Dans un composé acyclique, la chaîne sur laquelle sont basés la nomenclature et le numérotage est appelée "chaîne principale". Quand on doit choisir la chaîne principale dans un composé acyclique, on applique les critères ci-après, dans l’ordre indiqué, jusqu’à ce qu’une solution intervienne.

a) nombre maximal de substituants correspondant au groupe principal

b) nombre maximal de doubles et triples considérées dans leur ensemble

c) longueur maximale

d) nombre maximal de doubles liaisons

e) plus petits indices de position pour les groupes principaux (notez ici que les liaisons multiples ne comptent pas pour des groupes principaux)

f) plus petits indices de position pour les liaisons multiples

g) plus petits indices de position pour les liaisons doubles

h) nombre maximal de substituants désignés par des préfixes

i) plus petits indices de position pour tous les substituants énoncés en premier dans l’ordre alphabétique

j) nombre maximal de substituants énoncés en premier dans l’ordre alphabétique

k) plus petits indices de position pour les substituants désignés par des préfixes et énoncés en premier dans l’ordre alphabétique

• Confection d’un nom final, en assemblant le nom de l’hydrure parental et ceux des préfixes et suffixes, puis en écrivant un nom complet — en français! On ajoute les préfixes multiplicatifs sans modifier l’ordre orthographique établi précédemment et finalement on ajoute les indices de position appropriés, les stéréodescripteurs et les modificateurs isotopiques, s’il y a lieu.

Exemple d'éclaircissement sur la nomenclature

(3R)-6,10-bis(3,4-diméthylhexyl)-7,9,15-triéthyl-14-(2-éthyl-3,4-diméthylhexyl)-3-méthylicosane

Faire les exercices de nomenclature qui sont présentés dans Favre

Autres exemples: (réponses après les structures)

a) b) CH3CH2(CH2)8CH2CH3
c) d)
e) f)
g) h)
i)  

Réponses:

a) 3,7-diméthyl-6-(1-méthyléthyl)-5-(1-méthylpropyl)décane
5-sec-butyl-6-isopropyl-3,7-diméthyldécane
(voir 2°:p.11, 1°:p.9)

b) dodécane

c) trans 1,2-diméthylcyclohexane

d) 3-éthyl-2,2,6-triméthylnonane (préféré, règle UICPA-13.11h)
3-tert-butyl-6-méthylnonane

e) bicyclo[3.3.1]nonane

f) pentane

g) spiro[4.5]décane

h) trans 1,5-dicyclohexylcyclodécane

i) 7-cyclohexyl-10-éthyl-5-méthyl-1,2-dipropylcyclooctadécane


Retour au menu

Table des Matières

ABCSITE © copyright 2000