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 POUR TOUT SAVOIR SUR LA GLACE DE LAC!

Sur les lacs, les interactions de la surface et de l'atmosphère peuvent être influencées par la présence d'une couche de glace. La formation de la glace lacustre a des répercussions économiques et écologiques importantes. Les dates d'englacement et de déglacement des lacs se sont avérées de bons indicateurs pour le suivi du climat dans les régions pour lesquelles il y a peu de données. La connaissance du moment de gel et de dégel complet des lacs est indispensable à la compréhension de la nature du bilan énergétique surface/atmosphère et du cycle de l'eau dans les régions lacustres.

La couverture de glace sur un lac agit également sur les caractéristiques chimiques de l'eau Vue aérienne d'un couvert de glace lacustre au début du printemps, Nord du Canada. Source: Anne Walker, SMC. sous-jacente, car la glace bloque les influences atmosphériques directes et diminue considérablement la quantité de rayonnement de courtes longueurs d'onde d'origine solaire qui pénètre dans la couche d'eau. L'ampleur de cette réduction dépend du type de glace ainsi que des propriétés du manteau neigeux sus-jacent. Ainsi, une couche de glace noire, sans bulle, est en grande partie transparente à la lumière solaire, tandis que la glace blanche et la neige réfléchissent la plus grande partie du rayonnement incident parvenant à leur surface et limitent, par la même occasion, sa pénétration plus en profondeur. Le rayonnement qui parvient à pénétrer la glace contribue à augmenter la température de l'eau. La présence d'une couche de glace limite également les échanges gazeux entre l'eau et l'atmosphère. Cela se traduit habituellement par une diminution de l'oxygène dissous dans le lac, mais aussi par une augmentation du dioxyde de carbone, du méthane, du sulfure d'hydrogène et d'autres gaz-traces.

Toutefois, la capture d'oxygène durant le processus de formation de la glace peut parfois compenser les pertes d'oxygène liées aux autres processus. D'autres éléments comme le potassium, le sodium et le calcium peuvent augmenter au moment de l'englacement, mais également diminuer au moment du déglacement. L'ensemble de ces transformations (énergétiques et chimiques) a des répercussions pour le biote et la productivité globale du lac. D'autres effets associés à la formation de la glace peuvent inclure la réduction du volume d'eau, la diminution de la proportion de lac non gelé jusqu'au fond, une baisse de la turbidité ou encore la réduction de la quantité d'eau qui circule dans le lac lorsque l'englacement ralentit ou arrête complètement l'eau d'entrer ou de sortir du lac.

LA GLACE DE LAC ET LE CAPTEUR D'HYPERFRÉQUENCES PASSIVE SSM/I

L'une des composantes essentielles des recherches sur la glace de lac de CRYSYS est la détermination de l'utilité des données-satellites hyperfréquences passives pour extraire des informations sur les processus inhérents à la glace de lac. Jusqu'ici, l'essentiel des études a porté sur le Grand lac des Esclaves, dans le nord du Canada. Les résultats ont confirmé la possibilité de discriminer les zones englacées des zones d'eau libre à partir des données du capteur d'hyperfréquences spécialisé/imageur enregistrées à la fréquence de 85 GHz. Ces résultats témoignent du potentiel de ces données pour le suivi de la progression de la formation et de la décroissance de la glace sur les lacs jusqu'au gel ou dégel complet de ces derniers.

Cartographie des températures de brillance mesurées à 85 GHz, en polarisation horizontale, lors du passage du radiomètre SSM/I au-dessus du Grand Lac des Esclaves, le 10 juin 1992. Source : Anne Walker, SMC

Figure 1 : Cartographie des températures de luminance mesurées à 85 GHz, en polarisation horizontale, lors du passage du capteur d'hyperfréquences spécialisé/imageur (SSM/I) au-dessus du Grand lac des Esclaves, le 10 juin 1992 (Source : Anne Walker, Service météorologique du Canada, Direction de la recherche climatologique.)

La figure 1 montre une cartographie des températures de luminance du capteur hyperfréquence spécialisé/imageur, mesurées à 85 GHz en polarisation horizontale, durant le passage orbital du 10 juin 1992 au-dessus du Grand lac des Esclaves. Le secteur situé dans l'angle inférieur droit du lac est caractérisé par de faibles températures de luminance qui indiquent la présence d'eau libre. Cela a été confirmé par les images NOAA-AVHRR acquises le même jour et par des observations visuelles à partir d'un aéronef. La variabilité observée durant la période précédant le gel est reliée aux conditions météorologiques au-dessus du lac (nuages, précipitations) et l'agitation du plan d'eau. En hiver, la température de luminance est influencée par l'accumulation d'une couverture de neige sur la glace. La variabilité observée durant le printemps, avant le début de la fonte de la glace, est liée aux changements se produisant à la surface de la glace (comme la fonte de la neige, une inondation) ou aux conditions météorologiques (comme un épisode pluvieux).

 
 

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